Une dirigeante hospitalière de mes amis (donc avec laquelle nous pouvons discuter "serré" tout en restant en bons termes :-) a relayé récemment un bon vieil argument sur les "conséquences" de "formations" en PNL auprès de cadres qu'elle a connus professionnellement :
Elle m'a cité l'exemple d'une personne qui aurait trouvé dans cette formation un excès de confiance en elle ; son "égo" se serait gonflé un peu trop, au point qu'elle serait allé pleine d'entrain se fourrer dans des situations... dont elle n'avait pas la maîtrise ! Et cette personne a fait une jolie chute professionnelle dont elle ne s'est pas remise facilement.
Réflexe n°1 : pour ne pas remettre en question un système professionnel, les critères de gestion d'un plan de formation ou une logique de carrière, chercher un bouc-émissaire ! La PNL est toute trouvée : bien pratique cette approche ! :-)
Je vais passer en vitesse ici sur 2 points-clé que j'aborde ailleurs :
• D'une part, créer un lien de cause-à-effet entre la formation et les événements qui ont suivi est un peu "olé olé", pas très scientifique comme raisonnement. "Je me suis tordu la cheville parce qu'hier il a fait beau", voilà un raisonnement du même ordre. Effectivement, comme il a fait beau, je suis sorti me balader, ce que je n'aurais pas dû faire, car s'adonner à la marche est très risqué !:-). Moralité : a) attention au beau temps : source d'accidents et b) attention aux ballades : activités à proscrire ! :-)
• D'autre part, beaucoup de formations courtes en PNL sont vendues par des personnes... qui n'ont aucune compétence en la matière ! Si elles se sont autorisées à animer des journées après avoir lu 1 ou 2 livres grand public ou avoir suivi 2 jours de formation (eux-mêmes animés par quelqu'un qui...), c'est à me demander ce que j'ai bien pu apprendre en 4 ans dans cette approche :-)
Revenons donc au danger du surgonflage d'égo.
• L'histoire montre que les humains n'ont pas attendu la PNL pour se gonfler l'égo à outrance !
Autrement dit, même s'il y avait un lien entre ce qui est arrivé à cette personne et la formation qu'elle a "subie" (:-), la PNL aurait été prise en otage, comme un moyen disponible à un moment donné pour faire n'importe quoi avec. A une autre époque ou dans une autre culture, ou simplement si le plan de formation avait été différent, la personne aurait cherché à résoudre les chimères qui gravitent autour de son égo par d'autres moyens. La "formation" en question s'est juste trouvée au mauvais moment, au mauvais endroit, auprès de la mauvaise personne. Au fait, qui a été décideur de cette formation ? :-) Facile d'accuser une formation en oubliant qu'on l'a soi-même si mal choisie !
• Si une personne fait n'importe quoi avec la PNL, on accuse la PNL. Et même s'il ne s'agissait pas de PNL d'ailleurs, qu'importe si on détient un coupable pratique ! Soit. Mais alors, lorsqu'un automobiliste renverse un piéton ou part dans un fossé, on fait un procès aux constructeurs d'automobiles ? Non. Aux constructeurs de routes ? Non plus !
Rendons donc à César ce qui est à César : cette personne est un adulte, cadre dans un hôpital, donc responsable de lui-même, de ses actes, et, pour commencer, de ce qu'il fait de son égo.
Car si l'on interdisait les outils sous prétexte qu'un bricoleur s'est tapé sur les doigts avec un marteau, on ne construirait plus grand chose !